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Toponymie

D'où vient le nom de la commune ?

Pommerit-Jaudy vient du celte "pommerit" (près du gué), et du nom de la rivière "Jaudy" (dont la source est en Tréglamus). Pommerit-Jaudy est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Ploëzal et a vu se constituer semble-t-il à ses dépens celle de La Roche-Derrien. L'église de « Pomerit jeudi » (ou Pemerit Jeudy ou Pemerit Yeudi) est citée dès 1330.

Certains lieux-dits tels que Mouster (près de la chapelle Saint-Adrien), Moustéro (près du hameau de Poul bara guen) semblent révéler la présence des Templiers ou des Hospitaliers.

Une léproserie se trouvait jadis au lieu-dit Penn-Krecy. Aux IXème et Xème siècles, un château existait au lieu-dit Coat-Nevenez.

On rencontre les appellations suivantes :

Pomerit Jeudi (vers 1330), Pomerit Jeaudy (à la fin du XIVème siècle), Pemerit Yaudi (en 1435), Pemerit Jeudi, Pemerit Yeudi (en 1444), Pomerit Jaudi (en 1451), Pemeurit Yaudy (en 1461 ), Pommerit-Jaudy (en 1731). Les habitants de Pommerit-Jaudy sont des « pommeritains, pommeritaines ».

Signification du nom français : Pommerit-Jaudy 

Jaudy

Ce nom se réfère, bien évidemment, à la rivière du Jaudy. Ce déterminant est utilisé ici pour différencier le présent Pommerit des autres noms de lieux basés sur la même racine : Pommerit-le-Vicomte, Peumerit-Quintin, Pommeret, etc. L'étymologie même du nom de la rivière Jaudy reste une énigme. On peut noter cette précision d'Hervé Abalain : Gyendi, car cette forme est étrangèrement proche du nom actuel du Guindy, affluent du Jaudy entre Tréguier et Plouguiel. « Jaudy » en vieux français la paresseuse.

Pommerit

Ce nom est typiquement gallo-romain. Il dérive d'un mot latin pomeratum : une pommeraie. En fait, il désigne par lui même les vergers et les lieux cultivés n'existant que par le fait d'une présence et d'une organisation humaine, définissant une entité organisée, au sens civique du mot : la présence d'un village suppose et explique par lui-même la présence des vergers avoisinants, c'est-à-dire déjà une forme de nature maîtrisée par la présence humaine, par opposition à tous les noms en *coat / *koad = les bois et forets qui l'entourent, représentatifs ici de la nature non maîtrisée par l'Homme. La présence d'un espace naturel maîtrisé par l'Homme à cet endroit s'explique par le carrefour gallo-romain, et les bâtiments qui s'y trouvent : les salles, au point le plus élevé de la commune, devenues en langue bretonne : Kersalioù.

Signification du nom breton : Peurid ar Roc'h

Roc'h

Ce nom se réfère, bien évidemment, à la ville voisine, d'origine médiévale de La Roche-Derrien. La singularité de ce cas est que, historiquement, La Roche-Derrien n'est qu'un morceau démembré de Pommerit-Jaudy, au XIè siècle, et qu'elle s'est elle-même appelée pendant longtemps, au Moyen-Age : La Roche-Jaudy. Mais il existe d'autres cas similaires, où les paroisses primitives mères ont été assujetties à des créations médiévales pourtant issues d'elles-mêmes :

  • Pontrieux a pris l'ascendant sur Ploézal, Plouëc et Quemper-Guézennec, dont elle n'est en réalité que des démembrements ;
  • Lannion a pris l'ascendant sur Brélévenez (pour le quartier de Kermaria), Ploubezre (pour le quartier de Buzulzo) et Ploulec'h (pour le quartier de Loguivy), dont elle n'est en réalité que des démembrements ;
  • Châtelaudren a pris l'ascendant sur Plélo et Plouagat, dont elle est en réalité que des démembrements ;
  • Idem pour Quintin vis-à-vis du Vieux-Bourg (de Quintin).

Peurid

En fait, la racine de ce nom est exactement la même que celle du nom français : origine latine, voir gallo-romaine : *Pommerat-um : village entouré de vergers et jardins fruitiers (lat. poma = fruit).

Il se trouve que ces mots, pour pures que soient leurs origines latines littéraires, ont été véhiculés, puis adaptés localement par des populations, ici essentiellement celtiques, qui n'avaient pas forcément du latin des notions exactes. Là-dessus s'est greffée, l'arrivage de Brittoromains, c'est-à-dire des Bretons, citoyens romains de l'Ile de Bretagne (GB), encore plus éloignés de Rome que l'étaient les Gallo-romains du secteur. La racine du mot *Pomerat a donc subi, au cours des âges, des mutations ou des flexions internes des consonnes, si fréquentes et représentatives de l'évolution des langues celtiques.

Pomerat a donc donné, dans le secteur gallo-romain accentué par le breton insulaire : P aonv rit -> P aeu'rit -> Peu-rit -> Peurid